Economie Tchadienne

Publié le par ITRALU

Economie du Tchad

Depuis  1990, le Tchad a entamé le processus de la démocratisation de ses institutions, cependant il reste encore du chemin à parcourir, des réussites à améliorer et des défis à relever.
La croissance économique de l’avant pétrole a toujours été faible. Depuis l’indépendance le produit intérieure brut réel n’a cru que 4.1% depuis le début des années 80.
A partir de 1995, ce taux de croissance a été de 3.2% en moyenne par an. Tout ceci est dû au manque d’une productivité insuffisante, de l’inadéquation du cadre institutionnel, de la faiblesse des ressources humaines et du retard des infrastructures économiques de base.
Le développement des champs pétroliers de Doba, qui a démarré en 2001, par la construction du pipeline Tchad-Cameroun long de 1010 Km, est cependant entrain de modifier la structure de l’économie tchadienne. La préparation du projet a donné lieu à une hausse spéculative des investissements directs étrangers. Ceux-ci ont un impact positif sur les secteurs secondaires et tertiaires, surtout en raison de leurs retombées sur les secteurs du bâtiment, des travaux publics et du commerce. L’économie tchadienne est basée sur


Agricultures

Elevage

Le pétrole


Agricultures

L’agriculture occupe une place prépondérante dans l’économie. La population est composée en majorité d’agriculteurs, d’agro-éléveurs et pasteurs. Le sous secteur agricole participe à hauteur de 22% à la formation du PIB.
La superficie cultivable représente 30 millions d’hectares, soit 30% du territoire national. Environ 2,2 millions sont cultivés annuellement soit 5,6 %. Les zones irrigables totaliseraient 5,6 millions d’hectares dont 335000 facilement irrigable, à peine 1% aménagé. Les principales productions dans le secteur agricole sont :

  • Les productions vivrières ;
  • Les productions de rentes ;

  • - Production

  • Les productions concernent les filières ci-dessous.

    • Filière céréale (mil, sorgho, riz, maïs et blé) la production céréalière s’établit actuellement en année moyenne à environ 1 million de tonnes. Elle est généralement instable et peut varier de 400 000 tonnes en année de sécheresse à 1,2 millions de tonnes en année de bonne pluviométrie
    • Filière oléagineux et protéagineux (arachide, niébé, sesame et voandzou) dominé par l’arachide (80%) de la production, elle présente 30 à 35% de production vivrière soit 385 000 tonnes pour le voandzou et 46 000 tonnes pour niébé.
    • Filière fruit et légume, cette filière est peu développé et sa production est concentrée dans certaines régions (Ouaddaï, Kanem, Chari Baguirmi, Mayo Kebbi ouest). Les marchés sont assez prospères autour des grandes villes pour ce qui concerne les légumes frais et les fruits. Par ailleurs on note l’existence d’un réseau informel d’exportation  du Nigeria  et les pays de la CEMAC.
    • Filière racines et tubercules cultivés sont le manioc (400 000 tonnes/an) les pâtes douces (270 000 tonnes/an), le taro (43750 tonnes/an), l’igname (225000 tonnes/an) soit au total 938 890 tonnes de tubercules et racines produites. Ces productions sont destinées au marché local et génèrent les revenus substantiels aux producteurs. La transformation ne concerne, de manière marginale, que le manioc sous forme de gari, de farine, de tapioca ou amidon.

      En conclusion, fondées sur l’échange de proximité. Elles satisfont la demande locale habituelle (riz, fruits, légume et oléagineux).

    • - Production de rente

      • Filière coton

      Le coton constitue avec la canne à sucre et le tabac les seules cultures industrielles du pays. Il représente en ce moment le seul produit dont l’achat et les prix sont garantis aux producteurs et dont la culture bénéficie d’un essor d’intensification. Compte tenu de nombreuses contraintes liées à la filière, la production cotonnière fluctue entre 120 000 tonnes en mauvaise année et 285 000 tonnes en période d’euphorie. La part du coton dans les recettes d’exportation tourne autour de 45% avant l’avènement du pétrole et participe pour 12% à la formation du PIB. Le coton fait vivre au moins 3,5 tchadiens.
      Les contraintes à la production du coton sont entre autres :

      • Les niveaux de productivité médiocre (817Kg/ha)
      • Les capacités de transformation (230 000 tonnes) insuffisantes pour faire face aux niveaux de productions importantes ;
      • L’enclavement du pays qui génère des coûts d’approche élevés et des coûts de productions importantes ;
      • La chute actuelle des cours mondiaux due à la subvention des pays développés.
      • Filière spiruline ou algue bleu
      • La production sucre est assurée par la compagnie sucrière du Tchad (CST) qui exploite environ 3500 hectares de périmètre irrigué. La société intègre tous les échelons de la filière production, transformation et commercialisation. Elle produit en moyenne 30000 tonnes de sucre destiné entièrement aux besoins du marché intérieur estimé à 60 000 tonnes.
        • Filière spiruline ou algue bleue

        L’algue bleue est connue des populations du lac Tchad et du Kanem depuis des siècles. Sa production est estimée entre 80 et 100 tonnes par an dont une partie est vendue dans la sous région (100 à 200 FCFA/Kg) procurant des revenus substantiels, notamment aux femmes rurale de ces zones. D’une manière générale l’agriculture tchadienne est dominée par la filière artisanale et l’autosubsistance, fondée sur la satisfaction par la famille paysanne de ses propres besoins. Elles sont caractérisées par les techniques traditionnelles de stockage et de transformation ( mil,sorgho,tubercules et racines), elles ne demandent que peu ou pas de capital et les ventes à l’extérieur sont occasionnées et motivées plus par les besoins monétaires que par les niveaux des prix offerts.

         


        Elevage

        Le Tchad est un pays de tradition agropastorale. Il est caractérisé par un climat évoluant du nord vers le sud en fonction de la pluviométrie : saharien, il devient sahélien puis soudano sahélien. La partie saharienne, permet une pratique importante de l’élevage. Le mode d’élevage y est transhumance se fait à la fois en fonction des ressources en pâturage et en eau au gré des variations interannuelle importantes.
        A l’aube de l’ère pétrolière, la table ronde de Genève IV en octobre 1998 avait l’occasion de stigmatiser les grands défis au développement du pays et en conséquence, de dégager à cet égard les grandes options stratégiques qui s’articulent autour de 6 axes :
        -  Consolider la stabilisation et les reformes économique ;
        -  développer les secteurs de croissance et promouvoir le développement des opérateurs privés.
        -  désenclaver le pays et corriger les déséquilibres régionaux ;
        -  réformer l’Etat et approfondir les bases d’une bonne gouvernance ;
        -  renforcer les capacités nationales de gestion ;
        -  lutter contre la pauvreté
        Le secteur rural apparaît à travers tous ses axes comme le privilège : Cité comme l’un de trois piliers de la stratégie de croissance économique du pays, il est considéré avec l’agriculture et l’élevage, comme le principal moteur de développement à moyen terme.
        L’élevage est l’un de sous secteur dont la contribution à l’économie joue un rôle important pour la réduction de la pauvreté et pour l’amélioration de la sécurité alimentaire.
        En 2003, l’exportation des bovins à elle seule, représente 134,7 milliards de FCFA avoisinant les recettes du pétrole 135,7 milliards de FCFA .IL est de deuxième produit d’exportation et la deuxième source de revenus en devises après le pétrole. Le cheptel bovin est estimé à près de 17 million de tête.

        -Importance socio-economique

        La part de l’élevage dans le PIB s’élève à 12,7% du PIB national. L’exportation de bovins représente 134,7 milliards de FCFA en 2003 pour comparaison le coton fibre est exporté à hauteur de 45 milliards de FCFA. Ces chiffres expriment l’importance de sous secteur élevage dans l’économie tchadienne. L’élevage occupe plus de 40% de la population totale dans 80% est rurale. Les productions animales sont estimées à 87 000 tonnes de viande de 200 000 tonnes de lait.

        - Les ressources pastorales

        Elles sont principalement constituées pâturages naturels, des résidus des récoltes, de sous produits agro-industriels, les eaux, des cures salées. En ce qui concerne l’alimentation du bétail, les pâturages naturels sont caractérisés par la variabilité de leur cycle par rapport aux régimes des pluies. Tandis que les sous produits agro-industriels ne sont pas disponible dans la plupart des zones d’élevage. Cette situation est exacerbée par une mauvaise gestion des ressources.
        Les ressources en eau exploitable par bétail sont celles de surface et les eaux souterraines. On estime que les ressources mobilisées pour l’abreuvement des troupeaux proviennent pour 30% des eaux des puisard et les puis traditionnels et enfin pour 20% de puits moderne. Malgré les efforts consentis, les besoins en infrastructures d’hydraulique pastorale restent énormes. Par ailleurs, la sécurisation de la transhumance suppose la création des points d’eau tout au long des couloirs. Le secteur de l’élevage est marqué par faible efficacité qui réduit les opportunités de valoriser les potentialités
        .

        -Commercialisation et sonsommation

        La commercialisation se fait en tenant compte de la régularisation nationale et des disposition élaboré par la CEBEVIRHA dans le cadre de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale). Le système de commercialisation du bétail au Tchad est commandé par le caractère traditionnel du système d’élevage pratiqué. Les transactions commerciales des bovins, de camélidés, d’ovins et de caprins ont gagné une importance de plus en plus grande au niveau de l’économie ces dernières années. Parmi les espèces animales, les espèces bovins et petits ruminants concernent aussi bien les animaux vendus et consommés à l’intérieur du pays que les animaux convoyés vers les pays voisins (Cameroun, Nigeria, République Centrafricaine). Plusieurs axes de commercialisation concernent le bétail destiné au commerce intérieur et à l’exploitation vers le Nigeria, le Cameroun destiné au commerce intérieur et à l’exploitation vers le Nigeria, le Cameroun , La République Centrafricaine ) . Plusieurs axes de commercialisation concernent le bétail destiné au commerce intérieur et à l’exploitation vers le Nigeria, le Cameroun, la République Centrafricaine, le Soudan et la Libye pour les dromadaires.
        En mai 2004, le Tchad est déclaré pays indemne de la maladie de la peste bovine sur base zonale, par l’organisation mondiale de la santé animale (OIE) lors de la session tenue à Paris (France). Ceci ouvre des opportunités des commerces régionales ( CEMAC) et international ( Union Européenne…)
        L’abattoir frigorifique de Farcha est un complexe industriel crée en 1958. Il était alors un établissement public de statu EPIC, géré par le ministère de l’élevage. Il est privatisé en 1998 et prend le nom de la société moderne d’abattoir (SMA). Il dispose des installations d’abattage et réfrigération bien rationalisées. Les activités sont importantes. Les moyennes officielles des abattages pour les cinq dernières années sont autour de 106 145 bovins et 236 575 ovins  et caprins abattues par an. Seuls les villes comme N’djaména, Sarh et Abéché des abattoirs clôturés avec des infrastructures acceptables. Les autres villes n’ont que des aires d’abattage plus ou moins aménagées.

        Le pétrole

        - Mise en évidence des bassins et historique des recherches pétrolières

        L’existence des bassins profond au Tchad a été mise en évidence dans les années 50 par les travaux géophysique entrepris par l’ORTSM dans le cadre de la recherche hydrogéologique. Ces travaux ont attiré bon nombre des compagnies pétrolières qui opèrent en Libye et en Algérie. Les premiers travaux pétroliers ont été entrepris au Tchad dans les années 60.
        En 1969, l’ORSTOM a chargé P.Louis de rassembler et réinterpréter les études précédentes. C’est ainsi que la première carte de gravimétrie de reconnaissance a vu le jour. Elle a servi de document de base pour la suite de l’exploitation pétrolière au Tchad.
        Au cours de cette année, CONOCO a demandé et obtenu un permis H pour les travaux d’exploitation pétrolière dans les bassins du lac Tchad, de Bongor et de Doba. Plus tard, Shell, Chevron, EXXON, et ELF ont fait leur entrée dans un  consortium qui a été plusieurs fois recomposé. La dernière recomposition en date est celle d’ESSO 40%, Petronas 35% et Chevron 25%. ESSO a repris les travaux d’exploration en 1983 en tant qu’opérateur du consortium. Au total 44 puits d’exploration ont été forés jusqu’en 1994.Ces travaux à des découvertes très importantes dans le bassin de Doba. Parallèlement à ce consortium le gouvernement, a accordé en 199, un deuxième permis H de recherche, d’exploitation et de transport d’hydrocarbures au consortium composé actuellement de EnCana International Limited et Cliveden Petroleum. D’importants travaux de construction t de développement, ont été entrepris par le consortium notamment la construction des routes, des ponts, des installations de surface, des puits et d’un pipeline d’exportation du brut.
        De nos jours, un pipeline de diamètre 30 soit 0,76 m et long de 1070 km a été construit ainsi que des stations de collectes et de traitement de brut (station de komé et de Miandoum), station de pompage (3 stations de pompage : PS1, PS2, PS3, une station de réduction de pression : PRS, un terminal flottant FSO) et plus de 200 puits de production d’huile  ont été réalisés.
        Ceci a abouti à la mise en production du champ de Miandoum en Juillet 2003 celui  de Komé en février 2004 suivi de la mise en huile du troisième champ qui est celui de bolobo en aout 2004. La production journalière moyenne de ces trois champs est d’environ 190 000 barils/jours

        Objectif et politique du gouvernement dans le secteur pétrolier

        Le gouvernement soucieux du devenir de la nation et ayant pour objectif principal le développement du pays, à travers une gestion saine et équitable des revenus pétroliers, a adopté une stratégie pour la période 2005 à 2008 dont les objectifs principaux sont :

        • Promouvoir le secteur pétrolier et gazier dans le but d’attirer les nouveaux investisseurs et en vue d’intensifier l’exploration des bassins sédimentaire.
        • Mettre en place une législation pétrolière souple et attrayante pour favoriser les investissements dans les recherches et l’exploitation des ressources pétrolières (nouveau code pétrolier).
        • Entreprendre une politique de réduction de la pauvreté significative par l’utilisation des revenus pétrolier dans les secteurs prioritaires.
        • Prévoir un cadre institutionnel pour assurer la maîtrise des activités du secteur prioritaires.
        • Prévoir un cadre institutionnel pour assurer la maîtrise des activités du secteur pétrolier et gazier.
        • Appliquer une politique d’emploi et de formation continue et soutenue des agents dans les domaines : techniques, économiques, financiers, fiscaux, légal et environnement pour stimuler le secteur des hydrocarbures.
        • Fournir aux consommateurs et aux opérateurs économiques de l’énergie à des coûts supportables dans le but de mettre le Tchad a un niveau de compétitivité  économique dans la sous région.
        • Développer la capacité nationale dans le raffinage du pétrole brut et assainir le secteur de distribution afin de réduire substantiellement la dépendance du pays par rapport aux importations des produits pétroliers.
        • Œuvrer dans le cadre de développement de coopération régionale et sous régionale en matière des activités pétrolière et gazière.     

          Valoriser le gaz de manière à réduire les conséquences du système énergétique sur l’environnement et préserver les ressources naturelles

          -Perspective d’investissement dans le domaine pétrolier

          Le Tchad dispose d’un pipeline d’exportation ayant une capacité actuelle de 225 000 barils/jour pouvant évoluer en augmentant le nombre des stations intermédiaires de pompage, ce qui constitue un atout majeur pour un pays enclavé dans sa politique d’exportation du brut.
          En matière des potentialités disponibles, le Tchad dispose de bassin sédimentaires entièrement libres( Bassin de Wour et une partie du bloc de Largeau) et rendus ( dans le bassin des Erdi, du Lac Tchad, de Doba et de Doseo) effectué par le consortium EnCana en janvier 2005. Soulignons que toutes ces zones sont potentiellement très riche et renferment les caractéristiques de l’existence des hydrocarbures. Cependant, elles n’ont pas bénéficie d’important travaux de recherche et demeurent très peu explorées.
          Afin d’attirer de nouveaux investisseurs et d’intensifier les travaux de recherche et l’exploitation d’hydrocarbures au Tchad, le ministère du pétrole a entrepris les travaux de la rédaction d’un nouveau code pétrolier (l’ancien date de 1962) ce dernier prévoit  le régime de partage de production et offre de nombreux avantages aux investisseurs.
          Pour faciliter les échanges avec les sociétés pétrolières, le gouvernement a relancé le processus de création d’une société des hydrocarbures du Tchad (S.H.T.) qui sera chargée d’intervenir dans l’exploration, l’exploitation et le transport des hydrocarbures
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