Info investissements Tchad

Publié le par Brahim Ibni-oumar

Une terre d’accueil pour l’investissement étranger

La République du Tchad, deux fois grande comme la France, accueille aujourd’hui à bras ouverts les investisseurs étrangers. Longtemps réputé pays à risque par les observateurs internationaux et les principaux bailleurs de fonds, le Tchad a depuis tourné la page des années sombres de son histoire. 

Le Tchad a ouvert la voie à d’importantes réformes économiques et macroéconomiques, avec la mise en place d’un cadre de développement visant une meilleure intégration des efforts du gouvernement, du secteur privé, des investisseurs étrangers et des bailleurs de fonds. Les éefforts internes conjugués à ceux de la communauté internationale favorisent indéniablement le commerce avec, comme corollaire, un intérêt soutenu des investisseurs internationaux envers le Tchad. Ce nouveau climat d’affaires, arrimé aux nouvelles règles de l’économie mondiale, crée sur le marché national un cadre incitateur pour les investissements étrangers directs, tous secteurs confondus.

Aussi, la République du Tchad, grâce à sa Charte nationale des investissements, s’est-elle engagée à créer des conditions favorables aux investissements étrangers directs, au profit desquels elle a mis en œuvre des politiques visant à éliminer toute forme de mesure discriminatoire faisant obstacle au transfert des capitaux et des bénéfices. L’engagement du pays en ce sens se traduit également par la recherche de la justice dans la fixation des prix des matières premières, ainsi que dans l’établissement et la promotion de relations d’affaires équitables avec les sociétés et entreprises du monde. Est-il besoin de dire que l’État de droit tchadien accorde désormais le même traitement aux investisseurs étrangers qu’aux gens d’affaires issus du secteur privé national ?

Le secteur privé étant sans conteste la locomotive de la croissance un peu partout sur la planète, on note depuis quelques années une volonté réelle de l’État tchadien de se désengager de la vie économique. Cette volonté s’est matérialisée entre autres par un vaste programme de privatisation dans des secteurs tels les télécommunications, le transport et l’énergie ainsi que par l’adoption de plusieurs lois favorisant la libéralisation des prix, la suppression de certaines taxes et l’instauration de nouveaux codes d’affaires. Ce désengagement se manifeste aussi par des actions de promotion du secteur privé, que promeut particulièrement la Chambre de commerce et d’industrie, avec l’appui du ministère du Commerce et de l’artisanat. Tout ceci, bien entendu, avec pour seule motivation d’attirer les capitaux privés, aussi bien nationaux qu’internationaux.

Outre le secteur pétrolier et les multiples opportunités d’affaires qu’offre en matière d’investissement l’exploitation des champs pétrolifères de Doba dans le sud du pays – l’un des plus gros investissements de la présente décennie en Afrique subsaharienne –, le Tchad dispose d’un énorme potentiel de croissance dans des secteurs traditionnels comme l’agriculture, l’élevage (le pays compte plus de 17 millions de têtes de bétail) et la pêche. Tous des domaines porteurs de possibilités d’investissement – et de profits – dans les unités de transformation déjà existantes ou à créer.

Terre d’accueil pour les investisseurs étrangers, le Tchad l’est aussi par l’accès au sol, subordonné à des conditions très souples.

Exportations: un marché d’avenir prometteur

Pays essentiellement importateur en raison notamment de son enclavement géographique, le Tchad regorge pourtant d'un fort potentiel à l'exportation. L'avenir s'annonce d’ailleurs prometteur depuis qu’a été enclenché le processus du cadre intégré, un programme dont l'objectif majeur consiste à assister les PME dans l'identification des principaux obstacles à leur expansion et à leur fournir une assistance technique coordonnée afin d'éliminer ces barrières. Processus tripartite réunissant gouvernement, secteur privé et bailleurs de fonds, le cadre intégré permettra à terme au Tchad de profiter pleinement des opportunités d'accès aux nouveaux marchés.

Ainsi, le Tchad pourra accroître considérablement ses exportations. Hormis le coton dont l'exportation à l'état brut (coton – graine et fibre de coton) se heurte à la concurrence déloyale induite par les subventions accordées aux producteurs américains et européens, d’autres produits pourraient connaître une forte augmentation de leurs ventes sur les marchés d’exportation. On pense notamment au bétail – le Tchad compte plus de 17 millions de têtes de bétail, soit plus de deux par habitant – et la gomme arabique.

Pour cette dernière, les perspectives sont réjouissantes puisque le Tchad figure déjà en deuxième place des pays producteurs, juste derrière le Soudan, et que sa production est d’une qualité exceptionnelle. Selon les données de TRADEMAP datant de 2003, le Tchad se classe déjà 4° rang mondial des pays exportateurs de gomme arabique avec une quantité de 9670 tonnes, dont 4721 tonnes prennent le chemin des États-Unis et 4100 tonnes celui de la France. D'autres pays comme l'Allemagne, le Mexique, la Turquie, Taiwan et le Japon lorgnent aussi du côté de l'offre tchadienne. Il suffit tout simplement de bien organiser la filière et d'ajouter de la valeur à cette matière première tant prisée pour que le Tchad puisse en tirer d'énormes profits.

Quant au bétail dont le Tchad peut se targuer d’être le premier producteur au niveau de la sous région CEMAC, il suffirait de maîtriser le circuit de commercialisation qui échappe, pour l'heure, en grande partie aux statistiques. Selon l'Agence française de développement, les exportations de bétail pour la seule année 2000 se sont néanmoins chiffrées à 68 milliards de Fcfa. L'étude diagnostique sur l'intégration du commerce (EDIC) réalisée dans le cadre intégré et en cours de validation, prête d’ailleurs au secteur élevage un fort potentiel d'exportation.

A ces produits d'exportation s'ajoutent aussi l'arachide, les cuirs et les cigarettes. Le Tchad exporte essentiellement ses produits vers l'Europe, notamment au Portugal, en Allemagne et en France, qui accaparaient environ 65% des exportations en 2003. Outre ces pays, les produits d'origine tchadienne sont aussi acheminés vers le Nigeria voisin, l'Espagne, la République tchèque, Taiwan, la Pologne et le Maroc. Le Tchad a aussi fait son entrée en octobre 2003 dans le club sélect des pays exportateurs du pétrole. Sa production est estimée à plus 80 millions de barils par an et devrait, même si aucune autre découverte n’est faite – un scénario hautement improbable – durer au moins encore 30 ans selon tous les experts.

Privatisations

Le gouvernement tchadien a réaffirmé à plusieurs reprises que le secteur privé était le moteur de la croissance et, dès lors, n'a eu de cesse de mettre en place un système tech­nique et législatif pour une mise en œuvre effective. Un comité d'orien­tation doté d'un secrétaire exécutif chargé de la mise en place de ce pro­gramme a été créé et plusieurs lois ont été votées concernant le secteur bancaire, la libéralisation des prix, la suppression de la taxe sur les trans­actions et l'adoption de nouveaux codes. Comme cela a été fait dans d'autres pays, un guichet unique est en cours de mise en place.

Ce processus de privatisation déjà engagé depuis quelques années (1998) a permis le rachat de la SOCIÉTÉ SUCRIÈRE NATIONALE en 2000 par le groupe VILGRAIN, rebaptisée depuis COMPAGNIE SUCRIÈRE DU SUCRE (CST). De même l'OFNAR, Office National des Routes créé en 1984 a trouvé un nouvel acquéreur en 2002, la SNER, Société Nationale d’Entretien Routier qui vient s’inscrire dans le secteur privé tchadien des travaux publics.

La préparation de la privatisation de la société COTONTCHAD, qui se poursuit dans le cadre de la réforme de la filière coton, devrait être effective en 2005, mais la division huilerie-savonnerie dont elle a été séparée pour être privatisée, peine toutefois à trouver un équilibre financier. VEOLIA avait remporté en 2000 le contrat de délégation de gestion globale de la SOCIÉTÉ TCHADIENNE D'EAU ET D'ÉLECTRICITÉ (STEE) ; le contrat stipulait qu'au bout de cinq ans, VEOLIA obtiendrait une part majoritaire de l'entreprise à condition d'avoir rendu la société STEE rentable et d'avoir trouvé une issue à la crise énergétique. Cependant, en avril 2004, VEOLIA a résilié le contrat de gestion de la STEE.

La SOCIÉTÉ PUBLIQUE DE TÉLÉCOMMUNICATIONS (SOTELTCHAD) finalise le processus de privatisation.

 

 

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